Economie: Au Rwanda, il n’existe pas de salaire minimum. Voici pourquoi sa mise en place est encore loin d’être réalisable

Mwalimu :HAKIZIMANA Maurice

Interrogé sur les raisons pour lesquelles le Rwanda ne dispose pas d’un salaire minimum légal, le Premier ministre et chef du gouvernement rwandais, le Dr Justin Nsengiyumva, a répondu : « Lorsque nous augmenterons la production, l’augmentation des salaires se fera d’elle-même. »

D’elle-même ? Vraiment ?

Non, les choses ne se font pas toutes seules. Elles se planifient. C’est au gouvernement qu’il revient d’élaborer les feuilles de route définissant les actions à mener, les méthodes de mise en œuvre, les délais d’exécution ainsi que les résultats attendus.

Le 1er Ministre rwandais Dr Nsengiyumva a dit “l’augmentation des salaires se fera d’elle-même.”

Pourtant, en 2026, il n’est pas acceptable que des travailleurs perçoivent un salaire mensuel qui ne leur permette même pas de couvrir une semaine de dépenses. L’augmentation du coût de la vie doit impérativement être accompagnée d’une hausse des revenus des travailleurs.

Le salaire doit permettre de faire face aux dépenses essentielles : alimentation, logement, habillement, soins médicaux et frais de scolarité. Dans le cas contraire, le travailleur est exploité. Il travaille dans de mauvaises conditions et l’employeur qui emploie une personne sous-payée, affamée et incapable même d’acheter ses médicaments n’en tire finalement aucun avantage durable par rapport à la productivité qu’offrirait un salarié motivé et satisfait.

La réponse du Premier ministre, selon laquelle les choses se régleront d’elles-mêmes, ne convainc ni les travailleurs, ni les employeurs, ni les économistes, ni les étudiants en sciences économiques.

Dans cet article, je tente de revenir sur les mesures qui auraient dû figurer depuis longtemps dans les politiques publiques afin de permettre à l’économie de se développer sainement et aux citoyens de faire face à la hausse des prix.

Les éléments que je vais exposer auraient dû être mis en œuvre il y a une vingtaine d’années afin que la question du salaire minimum soit aujourd’hui résolue. Toutefois, il n’est pas trop tard. Si ces réformes sont engagées dès maintenant, le problème pourra être résolu de manière durable dans les vingt prochaines années.

Ce n’est pas la première fois que j’écris sur les questions monétaires et économiques. En 2024, j’avais publié un article intitulé : « Le franc rwandais a fortement perdu de sa valeur cette année : quelles sont les causes de cette dépréciation ?“(Ifaranga ry’u Rwanda ryataye agaciro cyane muri uyu mwaka: Guta agaciro k’ifaranga biterwa n’iki?.Dans ce texte, je me concentrais principalement sur les moyens de renforcer la valeur de la monnaie nationale.

Plus récemment, j’ai également publié un article intitulé : La Banque nationale du Rwanda a sensiblement augmenté le taux d’intérêt directeur (key rate),de 6,75 % à 7,25 % : qu’est-ce que cela signifie ? Quel impact cela aura-t-il sur la vie quotidienne ? J’y expliquais notamment comment cette mesure autorisait les banques à augmenter les taux d’intérêt sur les prêts, rendant ainsi le crédit plus coûteux, mais aussi influençant les rémunérations de l’épargne.

Abordons maintenant la question du salaire minimum.

L’utilité du salaire minimum (ou salaire de base)

Le salaire minimum présente plusieurs avantages pour les travailleurs comme pour l’État.

Pour les travailleurs

  • Il protège contre l’extrême pauvreté en empêchant le versement de rémunérations insuffisantes pour vivre dignement.
  • Il valorise le travail en fixant un seuil minimal que l’employeur est tenu de respecter.
  • Il améliore les conditions de vie en permettant l’accès à l’alimentation, aux soins de santé, à l’éducation et aux autres besoins essentiels.
  • Il réduit les abus et les inégalités sur le marché du travail en limitant les situations d’exploitation.

Cependant, dans les conditions actuelles du Rwanda, l’instauration d’un salaire minimum légal reste difficilement réalisable.

Voici ce qui devrait d’abord être mis en place.

A. Comment accroître durablement la production nationale

1. Relancer l’agriculture familiale et l’agriculture commerciale

Une agriculture performante permet d’assurer la sécurité alimentaire, de développer les exportations et de créer des emplois pour une grande partie de la population.

2. Développer de nombreuses petites industries dans le pays

La création d’usines, le développement des infrastructures et l’investissement dans les activités économiques favorisent l’emploi et augmentent la production nationale.

3. Restaurer l’enseignement professionnel et technique dans tout le pays

Les élèves terminant l’école primaire devraient pouvoir accéder à des formations pratiques dans des domaines tels que :

  • la menuiserie ;
  • la poterie ;
  • la couture ;
  • la construction ;
  • la plomberie ;
  • l’électricité.

Ces formations et tant d’autres encore devraient être dispensées en kinyarwanda afin d’être accessibles à tous.

Une population qualifiée est plus productive, capable de créer ses propres emplois et d’apporter des innovations qui stimulent la croissance économique.

4. Développer les technologies modernes et l’innovation

L’utilisation des nouvelles technologies permet de réduire les coûts et les délais de production tout en augmentant la rentabilité des activités économiques.

B. Le principal défi reste politique : la bonne gouvernance et la sécurité des personnes et des biens

Lorsqu’un pays est gouverné conformément aux lois, respecte ses citoyens, leur garantit la liberté d’entreprendre et leur assure la sécurité de leurs activités économiques, sans corruption ni prélèvements illégaux, les investisseurs comme les citoyens travaillent avec confiance.

Cette confiance favorise la circulation de la monnaie à l’intérieur du pays. Les échanges commerciaux, tant nationaux qu’internationaux, augmentent les revenus et la production.

Lorsque les citoyens et l’État épargnent efficacement, notamment à travers les banques et les fonds d’investissement, ils disposent davantage de ressources pour financer des projets créateurs de richesse.

En résumé, la croissance économique d’un pays et l’amélioration du niveau de vie de sa population reposent essentiellement sur :

  • une forte production nationale ;
  • l’investissement ;
  • une éducation orientée vers les compétences pratiques ;
  • l’innovation technologique ;
  • une bonne gouvernance qui ne perturbe ni l’activité économique, ni l’agriculture, ni l’épargne des citoyens.

Tous ces facteurs contribuent à créer des emplois, à augmenter les revenus des ménages et à améliorer durablement les conditions de vie de la population.

Le reste relève davantage de la politique que de la science économique.

La leçon est-elle comprise ? A la prochaine alors.

Portez-vous bien.

Ce monde,

Mwalimu HAKIZIMANA Maurice II Suivez-moi sur YouTube : https://youtu.be/M7ID75OSynE?si=qqx0h9czwcyWUkDd II Suivez-moi sur WhatsApp  Whatsapp https://whatsapp.com/channel/0029VaCyM5ILdQejDYwQ2b2u II Suivez-moi sur Facebook : https://www.facebook.com/professormaurice/.

PUBLICITE

 TIDAS – Traduction, Interprétariat & Accompagnement dans vos démarches d’asile et de séjour en France”

Bienvenue chez TIDAS (Translation, Interprétariat et Démarches d’Asile & Sejour en France).
Notre mission : aider les étrangers en France à surmonter les barrières de langue et les obstacles administratifs.

Nos services :

 Traduction et interprétariat dans vos rendez-vous et dossiers

 Accompagnement dans la demande d’asile
 Soutien dans toutes vos démarches administratives

Avec TIDAS, vous bénéficiez d’un service professionnel, humain et fiable.
Nous croyons que chaque personne mérite d’être comprise et accompagnée.

 Contactez-nous dès aujourd’hui et avançons ensemble au (+33) 07 58 90 35 49 ou écrivez nous au tidasetvous@gmail.com

 TIDAS :

“Comprendre, traduire, accompagner”

“TIDAS – Toujours à vos côtés”

“La voix des étrangers en France”

PUBLICITE

Hakizimana Maurice est un enseignant de profession, titulaire d’un Master Meef en sciences de l’éducation de l’Université Catholique de Paris et d’un diplôme en sciences humaines de Sorbonne Université. Il possède également un titre professionnel en tourisme et gestion délivré par le Ministère du Travail et des Solidarités en Région parisienne. Il est enseignant et fonctionnel à la Cité internationale universitaire de Paris.

Le professeur Hakizimana Maurice est l’auteur du livre « UTABA AMATEKA NTABONA ITAKA » (NUL NE PEUT ENSEVELIR L’HISTOIRE) _Aux Éditions Scribes.

Pour l’obtenir :https://sellercentral.amazon.com/nms/redirect/98e82759-1a8e-30da-b03d-97ecd6fa2281?nt=PRINT_LISTING&sk=BHA8IdY56n9BoLFaPNd1bWm5-xgcP2zJgEk5Dnxeqdwdhyo_EcOiXVfOw2gMApbV9-HvwpATOID5XhQ8TNzZwg&n=1&u=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmNvbS9kcC8yOTMxMjY2MjIx 

Ou https://www.amazon.it/Utaba-Amateka-Ntabona-Itaka-Afrikaans-ebook/dp/B0GTQZ4CBC?fbclid=IwVERDUARzok1leHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR5RVB5nCFs18vEiS7yPXUyXUEqPXtBoQn2F2QK1WCT05f6qgP34szW8H_9TiQ_aem_FwzrWfruPAHM6PI_BPDZFA

One thought on “Economie: Au Rwanda, il n’existe pas de salaire minimum. Voici pourquoi sa mise en place est encore loin d’être réalisable

  1. Je suis d’accord, l’absence d’un salaire minimum est un sujet complexe, surtout avec le système de primes et de prestations existant. Cela pose des défis importants pour l’équité salariale.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *