La Banque nationale du Rwanda a sensiblement augmenté le taux d’intérêt directeur (key rate),de 6,75 % à 7,25 % : qu’est-ce que cela signifie ? Quel impact cela aura-t-il sur la vie quotidienne ?

Auteur: Prof HAKIZIMANA Maurice

En 2024, le gouverneur de la Banque nationale du Rwanda à l’époque, John Rwangombwa, a reconnu publiquement que le franc rwandais avait subi une forte dépréciation, atteignant un niveau exceptionnel de 16 % en une seule année.

Aujourd’hui, en 2025, la Banque nationale du Rwanda (National Bank of Rwanda) a annoncé qu’elle a relevé son taux directeur (key rate), le portant à 7,25 %, contre 6,75 % auparavant.

Que signifie cette décision pour l’économie du pays, pour la valeur de la monnaie rwandaise, pour le fonctionnement des banques, et surtout pour la vie quotidienne des citoyens ordinaires ?
Que peut-on prévoir pour la suite ?

Voici ce que je peux en dire, avec les modestes connaissances que je possède en matière d’économie.

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Lisez un autre article que j’ai rédigé en 2024 et qui a été très apprécié sur cette question de la dépréciation du franc rwandais ainsi que sur les mesures à prendre pour l’arrêter ou en ralentir le rythme.

Cet article portait le titre suivant :
« Le franc rwandais a fortement perdu de sa valeur cette année : quelles sont les causes de cette dépréciation ?“(Ifaranga ry’u Rwanda ryataye agaciro cyane muri uyu mwaka: Guta agaciro k’ifaranga biterwa n’iki?CliquezIfaranga.

(1) QUE SIGNIFIE LA DÉCISION DE LA BNR D’AUGMENTER LE TAUX DIRECTEUR DE 6,75 % À 7,25 % ?

Cela signifie que la Banque nationale du Rwanda (BNR) donne aux banques la possibilité d’augmenter les taux d’intérêt sur les prêts (loans).

Accorder un crédit va donc coûter plus cher. Les banques vont relever les taux non seulement sur les prêts, mais aussi sur les dépôts d’épargne.

Cela va fragiliser la situation de nombreux citoyens, même si certaines personnes pourraient en tirer profit.

(2) EN QUOI CELA AFFECTE-T-IL LE CITOYEN ORDINAIRE ?

Très négativement.

Les crédits vont devenir plus chers. Ceux qui contractent des prêts pour acheter une maison, une voiture ou investir dans leur commerce seront davantage pénalisés, alors qu’ils étaient déjà en difficulté.

Par ailleurs, les personnes ayant des prêts à taux variable risquent de voir augmenter leurs mensualités.

Si les propriétaires ont construit leurs maisons grâce à des emprunts et que les banques augmentent leurs taux, ils répercuteront cette hausse sur les loyers. Cela touchera particulièrement les locataires, qui sont nombreux en villes — qu’il s’agisse de logements d’habitation, de locaux commerciaux ou d’autres espaces loués.

En outre, dans un avenir proche, presque tout risque d’augmenter :
la mutuelle de santé (assurance maladie communautaire), les médicaments, le carburant, le transport (de marchandises et de personnes), sans oublier les produits alimentaires, les boissons, les jus et l’électricité.

Tout cela pourrait connaître une hausse des prix en raison de cette décision.

Qui pourrait en bénéficier ?

À court terme, ceux qui pourraient en profiter sont les personnes qui déposent leur argent dans des comptes bloqués (dépôts à terme, laissés longtemps sans retrait) ou celles qui effectuent très peu de retraits.

Leurs intérêts pourraient augmenter.

Mais ils sont très peu nombreux au Rwanda : principalement des personnes fortunées possédant des industries ou des immeubles.

(3) EST-CE NORMAL QUE LA BNR AUGMENTE LE TAUX DIRECTEUR ET LE RÉDUISE ENSUITE LORSQUE LA SITUATION S’AMÉLIORE ?

Ce qu’a fait la Banque nationale du Rwanda est tout à fait normal dans le cadre de ses missions. C’est précisément son rôle.

Lorsqu’elle constate un déséquilibre économique — inflation élevée, dépréciation de la monnaie ou tensions financières — elle intervient pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage.
Lorsque les indicateurs s’améliorent, elle peut ensuite réduire le taux directeur afin de soulager les citoyens et stimuler l’activité économique.

En résumé, c’est le fonctionnement habituel des banques centrales à travers le monde.

Cependant, au Rwanda, il est rare que l’économie se redresse suffisamment pour permettre à la BNR de réduire durablement son taux directeur. Depuis 2024 notamment, la BNR peine à stabiliser pleinement la situation.

Voici l’historique récent de l’évolution du taux directeur (central bank policy rate) de la Banque nationale du Rwanda entre 2024 et 2026, montrant les ajustements successifs jusqu’à la récente décision de le porter à 7,25 %.

En 2024 :

  • La Banque nationale du Rwanda a fixé le taux directeur à 6,5 % au début du deuxième trimestre afin de faire face à la hausse des prix et de préserver la stabilité économique.

En 2025 :

  • En février 2025, la Banque nationale du Rwanda a maintenu le taux à 6,5 %.Elle ne l’a ni baissé ni augmenté, estimant qu’il était suffisant pour freiner l’inflation et qu’il restait dans son objectif cible de 2 % à 8 %.
  • Le 21 août 2025, la BNR est revenue sur sa position et a légèrement relevé le taux directeur à 6,75 %, expliquant qu’il s’agissait d’une mesure temporaire de trois mois. Cette décision visait à protéger le franc rwandais. La hausse était modérée et n’a pas fortement perturbé la population.
  • Le 20 novembre 2025, la BNR a maintenu le taux à 6,75 %, alors qu’elle aurait normalement dû le réduire. Elle a déclaré à ce moment-là que ce niveau était approprié pour continuer à contrôler l’inflation (hausse des prix et dépréciation monétaire) et préserver la stabilité économique.

En 2026 :

  • Hier, le 19/02/2026, la Banque nationale du Rwanda a procédé à une augmentation inhabituelle du taux directeur, le portant à 7,25 %, contre 6,75 % auparavant. Cela laisse penser qu’un problème économique sérieux et soudain est apparu.

(4) POURQUOI LA BNR A-T-ELLE PRIS CETTE DÉCISION ?

La Banque nationale du Rwanda est la banque centrale de l’État. Ce n’est pas une banque commerciale, mais c’est elle qui régule toutes les autres banques du pays.

Elle a pris cette décision afin de réduire la quantité de liquidités en circulation sur le marché.
Elle a évité d’imprimer davantage de billets, car cela aurait encore plus déprécié la monnaie nationale.

Elle a également agi pour tenter de freiner l’inflation — c’est-à-dire la hausse des prix — qui n’est plus en adéquation avec le pouvoir d’achat des consommateurs.Le franc rwandais ne parvient plus à suivre l’augmentation des prix, et l’État ne dispose pas de ressources suffisantes pour augmenter les salaires ou soutenir directement la population.

Enfin, la BNR a voulu protéger la monnaie afin d’éviter une dépréciation trop importante. Celle-ci s’est poursuivie, mais n’a pas encore atteint un niveau catastrophique.

Peut-on espérer que la BNR réduise prochainement le taux directeur (central bank policy rate), le faisant passer de 7,25 % à, par exemple, 5,1 % ?
Au vu de la situation actuelle, l’espoir semble mince.La Banque centrale affirme toutefois que, selon ses objectifs, la situation reste sous contrôle tant que l’inflation ne dépasse pas 8 %. Il suffirait cependant d’une légère dérive pour franchir ce seuil.

L’objectif de la Banque nationale du Rwanda concernant le taux directeur (central bank policy rate) est de le maintenir dans une fourchette comprise entre 2 % (situation très favorable) et 8 % (situation très défavorable).Cette année, la situation tend clairement vers le scénario le plus défavorable.

Soraya Hakuziyaremye est la gouverneure de la Banque nationale du Rwanda (National Bank of Rwanda).

Cependant, cette situation montre que l’État a choisi de ne pas porter lui-même ce fardeau, soit parce qu’il n’en a pas les moyens, soit parce qu’il ne le souhaite pas.

Si vous lisez cette analyse, sachez que prochainement presque tout risque d’augmenter :
la mutuelle de santé (assurance maladie communautaire), les assurances en général, les médicaments, le carburant, le transport (de marchandises et de personnes), sans oublier les denrées alimentaires, les boissons alcoolisées, les jus, l’électricité, etc.

Tout cela pourrait voir ses prix augmenter à la suite de cette décision.

La seule bonne nouvelle, c’est que l’air que nous respirons restera gratuit !

La leçon est-elle claire ?

Ce monde,

Mwalimu HAKIZIMANA Maurice IISuivre ma chaine Whatsapp https://whatsapp.com/channel/0029VaCyM5ILdQejDYwQ2b2u II Suivre ma page facebook: https://www.facebook.com/professormaurice/. 

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