Lieutenant-colonel Willy Ngoma : l’histoire de sa vie, ses études, sa famille et ses activités.

Auteur:HAKIZIMANA Maurice

L’armée de la RDC (FARDC) a annoncé avoir mené des frappes au centre de Rubaya, dans l’est du pays, mardi, « éliminant » Willy Ngoma, porte-parole du mouvement M23.

Cette information a dominé l’actualité d’avant hier, le 24/02/2025. Dans cet article, nous revenons sur les origines de Willy Ngoma : son parcours, son entrée dans la vie militaire, son ascension au sein du M23, ainsi que la manière dont ses actions et sa forte visibilité ont conduit à des sanctions internationales.

(1) Né à Kinigi, Ruhengeri, Rwanda

Le lieutenant-colonel Willy Ngoma est né en 1974 à Kinigi, dans le nord du Rwanda. Il est issu d’une famille de sept enfants et occupait la troisième place dans la fratrie. Son père était fonctionnaire sous les présidences de Grégoire Kayibanda et de Juvénal Habyarimana, tandis que sa mère était femme au foyer.

Sa vie bascula en 1986 avec le décès de son père, principal soutien financier de la famille.

À l’âge de 12 ans, il fut emmené par un proche vivant à Kiwanja, dans le Nord-Kivu (RDC), où il grandit sous le régime de Mobutu Sese Seko. À son arrivée, il adopta le nom de Ngarurira Ingoma Rutikanga.

Il quitta Kinigi alors qu’il était en 5ᵉ année primaire et poursuivit sa scolarité au Congo, à l’école du Camp Ebeya à Mbanza-Ngungu, où il était surnommé « Pap ». Élève brillant et sociable, il était motivé par les difficultés de sa jeunesse.

Il poursuivit ensuite ses études secondaires en sciences sociales et humaines, puis deux années universitaires à l’Institut supérieur de Mbanza-Ngungu en histoire et géographie.

Après ses études, il devint professeur d’histoire et de géographie.

(2) Militant actif de l’UDPS de Tshisekedi

Willy Ngoma affirmait avoir été un membre influent de l’UDPS dirigée par Étienne Tshisekedi. Il a notamment montré une photo prise avec Rubens Mikindo, ancien ministre des Hydrocarbures et cadre du parti, à l’hôtel Grands-Lacs de Goma.

« Nous sommes revenus d’Afrique du Sud en 2002 avec Étienne Tshisekedi. Nous avons organisé la branche armée de l’UDPS et conclu un accord avec le mouvement RCD. » — Willy Ngoma

(3) De professeur à rebelle

Il fut témoin de toutes les guerres du Congo, notamment celle de 1996-1997 menée par l’AFDL soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, qui porta Laurent-Désiré Kabila au pouvoir, ainsi que des conflits impliquant le RCD-Goma et le CNDP.

Le 23 mars 2009, ces groupes rebelles signèrent un accord de paix avec le gouvernement dirigé par Joseph Kabila. Le CNDP fut dissous et transformé en parti politique, rejoignant l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP).

En 2012, d’anciens membres du CNDP quittèrent l’armée et la majorité présidentielle, accusant l’État de ne pas respecter l’accord du 23 mars 2009. Ils fondèrent alors le Mouvement du 23 mars (M23).

Willy Ngoma rejoignit ce mouvement dès sa création en 2012, sous le commandement de Sultani Makenga. Reconnu pour sa discipline, son intégrité et ses compétences, il fut rapidement promu.

En 2013, le M23 fut vaincu par une coalition composée des FARDC, des forces tanzaniennes et sud-africaines, appuyées par la brigade d’intervention rapide de la MONUSCO. Les survivants s’exilèrent au Rwanda et en Ouganda. Makenga et Ngoma se réfugièrent en Ouganda, où ce dernier apprit l’anglais et modifia son identité, affirmant être né au Camp Kokolo à Kinshasa.

« Je suis dans le M23 depuis 2012… En 2013, nous avons été accueillis dans la base militaire de Bihanga en Ouganda. Le 14/01/2017, nous sommes entrés dans la forêt de Sarambwe en RDC. » — Willy Ngoma

(4) Résurgence du M23 et ascension de Ngoma

Après près de dix ans de réorganisation, le M23 bis relança ses offensives fin 2021 et surtout début 2022. Ngoma se distingua comme combattant expérimenté, grâce à ses connaissances historiques et militaires.

Il fut promu porte-parole militaire du M23 avec le grade de major, puis lieutenant-colonel début 2024.

Très présent dans les médias, il affirmait que le mouvement défendait les droits des Congolais, en particulier ceux des populations kinyarwandophones marginalisées.

Bien que né au Rwanda, il parlait difficilement le kinyarwanda, mais maîtrisait le français, l’anglais, le lingala et le swahili.

A LIRE AUSSI: Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo Président de la République démocratique du Congo: Biographie et éducation

(5) Dix chefs d’accusation retenus contre lui

Après sa promotion, le Conseil de sécurité de l’ONU lui imposa des sanctions, notamment le gel de ses avoirs en Europe et aux États-Unis et l’interdiction de voyager.

Le document onusien lui imputait notamment :

  1. Homicides
  2. Enlèvements
  3. Vols
  4. Recrutement d’enfants soldats
  5. Violences sexuelles et incitation au viol
  6. Fraude
  7. Exploitation illégale de minerais
  8. Taxation illégale des populations
  9. Diffusion d’armes auprès des civils
  10. Porte-parolat d’un groupe responsable de violences contre les civils

Interrogé par la BBC, Ngoma déclara :

« Cela ne nous concerne pas. Nous sommes l’armée du peuple, nous combattons pour que les Congolais vivent mieux. »

(6) Sa femme et ses enfants

Le lieutenant-colonel Willy Ngoma était marié et père de quatre enfants. Sa vie privée est restée discrète, mais il était réputé attaché à sa famille et impliqué dans l’éducation de ses enfants.

(7) ‘Quickly, quickly, quickly— une phrase restée célèbre

Willy Ngoma (ibumoso) aramukanya na Brigadier General Emmanuel Kaputa (iburyo) w'ingabo za FARDC imbere y'abanyamakuru benshi barimo kubafotora
Willy Ngoma (à gauche) serre la main du brigadier général Emmanuel Kaputa des FARDC en décembre 2022, lorsque le M23 remettait la zone de Kibumba aux forces déployées par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), chargées de s’interposer entre les parties en conflit afin de favoriser une solution politique.

Après la prise de Goma fin janvier, une vidéo montra Ngoma ordonnant à des mercenaires occidentaux capturés de s’agenouiller puis de se déplacer en ligne en répétant : « Quickly, quickly, quickly… Move, move » (« Vite, vite, vite »).

La scène fut perçue comme humiliante pour l’armée congolaise et ses alliés.

Une autre vidéo le montra plaisantant avec des soldats sud-africains de la SADC encerclés à l’aéroport de Goma avant leur rapatriement.

Alors que circulaient les rumeurs sur sa mort, le ministère congolais de la Défense publia une photo accompagnée du slogan affirmant que les FARDC sont « l’armée de la fierté ».

Lorsque Ngoma affirmait à la BBC combattre pour « un Congo meilleur », le porte-parole de l’armée gouvernementale déclara que l’objectif restait de reprendre tous les territoires occupés par le M23 et de rétablir l’autorité de l’État.

La mort du porte-parole du M23 marquera-t-elle le début de la fin du mouvement ou, au contraire, un facteur d’escalade ? Seul l’avenir pourra répondre à cette question.

A LIRE EGALEMENT: Accord de paix entre la RDC et le Rwanda enfin signé! Fini la guerre?

Mwalimu HAKIZIMANA Maurice IISuivre ma chaine Whatsapp https://whatsapp.com/channel/0029VaCyM5ILdQejDYwQ2b2u II Suivre ma page facebook: https://www.facebook.com/professormaurice/. 

PUBLICITE

 TIDAS – Traduction, Interprétariat & Accompagnement dans vos démarches d’asile et de séjour en France”

Bienvenue chez TIDAS (Translation, Interprétariat et Démarches d’Asile & Sejour en France).
Notre mission : aider les étrangers en France à surmonter les barrières de langue et les obstacles administratifs.

Nos services :

 Traduction et interprétariat dans vos rendez-vous et dossiers

 Accompagnement dans la demande d’asile
 Soutien dans toutes vos démarches administratives

Avec TIDAS, vous bénéficiez d’un service professionnel, humain et fiable.
Nous croyons que chaque personne mérite d’être comprise et accompagnée.

 Contactez-nous dès aujourd’hui et avançons ensemble au (+33) 07 58 90 35 49 ou écrivez nous au tidasetvous@gmail.com

 TIDAS :

“Comprendre, traduire, accompagner”

“TIDAS – Toujours à vos côtés”

“La voix des étrangers en France”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *