“La douane de mer”-Jean d’Ormesson

HAKIZIMANA Maurice

L’auteur s’est fait plaisir, autant que le lecteur, de cette fort agréable promenade érudite, ou plutôt ce butinage à propension encyclopédique mais un peu désordonné, sur ce que peut être la vie des Hommes.

Le personnage principal, O – O comme Ormesson – meurt dès la première page, à la Douane de mer, à Venise, dans les bras de son épouse révérée, Marie, rencontrée sous son parapluie, un jour de pluie, rue du Dragon, à Saint-Germain-des-Prés, à Paris. À sa mort, il survole la Douane de mer, et rencontre un Esprit, dénommé A, venu d’un autre monde, Urql. Ce dernier lui fait part de sa mission consistant à écrire un rapport sur les autres mondes qu’il pourrait éventuellement rencontrer.

Et c’est là que commence une longue conversation ininterrompue de trois jours. L’Esprit a du mal à concevoir ce que peut être la vie, un homme, et la distinction entre femmes et hommes, ce qui donne lieu à des quiproquos verbaux, dignes des dialogues que l’on peut entretenir avec des enfants en bas âge, mais sous une forme littéraire.

A partir de là, commence une série d’évocations très détaillées, qu’il serait délicat, autant que fastidieux d’énumérer.

Il y a tout de même des sujets récurrents qui dévoilent les préférences de Jean d’Ormesson en matière de références culturelles, comme Venise, Rome, Chateaubriand, Madame Récamier – à qui il a consacré “Mon dernier rêve sera pour vous” – , la lignée des Papes dénommés Clément, l’origine du monde, le Big Bang, les algues primitives, sa rencontre amoureuse et sa vie avec Marie.La dernière grande évocation est celle de la relation entre George Sand et Alfred de Musset.

Cet ouvrage pourrait paraître comme le fruit d’une facilité d’écriture, dans laquelle Jean d’Ormesson aurait jeté en vrac ses connaissances les plus précises, afin de clouer le bec à de sots lecteurs. Mais, fort heureusement, il réchappe à ce travers que l’on pourrait craindre. Ce qui fait “sauve” et fait la force de ce livre est la capacité d’autodérision de Jean d’Ormesson, la même qu’il utilise dans les médias.

L’Esprit A le rabroue et le rappelle à l’ordre, en fustigeant des digressions, son pédantisme et son snobisme intellectuel, que ne cacheraient pas des capacités intellectuelles médiocres. Ce qui rend le récit si agréable c’est toujours ce style léger, fluide, et cet esprit de butinage, qui fait passer la conversation d’un sujet à un autre : on est un peu au salon de thé.

Deux extraits peuvent servir de conclusions utiles pour inciter les lecteurs à lire ce roman : le fait que Jean d’Ormesson finisse par définir la vie comme une maladie mortelle sexuellement transmissible, qui se déclenche dès la naissance, et la remarque légèrement désabusée de A, à la fin de la deuxième journée : “N’est ce pas toujours la même chose ? Je commence à comprendre comment cela fonctionne.

Le monde est gonflé d’importance et de complication. Et il est bête comme chou. Ça monte, ça se développe, ça dégringole, ça s’en va. Et ça se suit pendant des siècles, comme à la queue leu leu (…)”.

Si d’aucuns(unes) hésitent encore à lire ce roman, je vous garantie des heures de délectation.”

Sophie vaubourgouin

Ce monde

Mwalimu HAKIZIMANA Maurice II Suivre ma chaine Whatsapp https://whatsapp.com/channel/0029VaCyM5ILdQejDYwQ2b2u II Suivrez ma page facebook: https://www.facebook.com/professormaurice/

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *