Professeur Aimable Karasira Uzaramba- Qui était-il?

HAKIZIMANA Maurice

Aimable Karasira Uzaramba, de son vrai nom Karasira Aimable, est né le 13 octobre 1977 à l’hôpital universitaire de Butare, aujourd’hui connu sous le nom de CHUB (Centre Hospitalier Universitaire de Butare). Il était l’aîné d’une fratrie de quatre enfants. Son père s’appelait Karasira Claver et sa mère Mukaruzamba Goretti.

Plus tard, son père lui attribua un troisième nom : « Okazarame », devenu ensuite « Uzaramba », un nom qu’il avait rêvé lorsqu’il travaillait dans une usine de thé à Mulindi, dans la région de Byumba, où l’on parlait le Gikiga. Ce nom Uzaramba signifie « tu vivras longtemps ».

Le mariage des parents de Karasira Aimable Uzaramba en 1976

Origines familiales

Karasira Aimable Uzaramba était fils de Karasira Claver, lui-même fils de Nyamvumba, descendant d’une lignée familiale remontant jusqu’à Nyamuniha.Voici son arbre généalogique: Karasira Uzaramba Aimable fils de Karasira Claver fils de Nyamvumba fils de Rudakemwa fils de Girimandwa fils de Nyamuniha.

Sa mère est Mukaruzamba Goretti fils de Gashambayita fils de Nyirindekwe fils de Sebantu fils de Rutugande fils de Mutsobe fils de Kanyabungo fils de Mugunga fils de Ndoba du clan Abanyiginya.

Durant son enfance, sa famille vivait dans la cellule de Rugerero, secteur de Rwaniro, commune de Rusatira (actuellement district de Huye), dans l’ancienne préfecture de Butare au sud du Rwanda, avant de déménager à Gitega puis à Nyamirambo, à Kigali.

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Études et parcours académique

Karasira Aimable fit ses études primaires à l’EPA puis au Lycée de Kigali entre 1983 et 1990. Il poursuivit ses études secondaires au Petit Séminaire de Ndera de 1990 à 1994.

En 1999, il entra à l’Université Nationale du Rwanda où il étudia l’informatique dans la filière Sciences A. Il poursuivit ensuite un master en Software Engineering en Suède.

Umukinnyi wa karate, umuhanga mu ikoranabuhanga rya mudasobwa, umuhanzi wa rap ikakaye, umwalimu wirukanwe na kaminuza n'imfungwa yagarutsweho cyane mu Rwanda kugeza ku rupfu rwe
Karasira Aimable est également Karatéka, informaticien, rappeur engagé et professeur d’université

Karatéka, informaticien, rappeur engagé et professeur d’université

Karasira était également pratiquant de karaté, discipline dans laquelle il détenait une ceinture noire. Il était reconnu comme un brillant spécialiste en informatique, mais aussi comme un artiste de rap et reggae aux paroles très engagées.

C’est au début des années 2000, à l’université de Butare, qu’il commença à attirer l’attention : étudiant très doué en informatique, portant des dreadlocks et adoptant un style de vie atypique pour un jeune rescapé instruit du génocide contre les Tutsi.

Selon ses propres déclarations, toute sa famille avait été tuée pendant le génocide contre les Tutsi à Rusatira, tandis que ses parents et certains de ses frères et sœurs auraient été tués par les soldats du FPR-Inkotanyi.

Peu bavard, solitaire mais proche des pratiquants de karaté, Karasira était considéré comme un étudiant particulièrement brillant mais intérieurement tourmenté. Ces difficultés psychologiques apparaîtront plus tard lors de son procès.

Après avoir terminé ses études avec d’excellents résultats, il devint enseignant à l’Université du Rwanda.

Dans cette vidéo en kinyarwanda, Karasira Aimable explique son parcours et ses origines.

« Professor Nigga » et la chaîne « Ukuri Mbona »

Avec l’essor des réseaux sociaux au Rwanda, Karasira devint connu du grand public sous le nom artistique de « Professor Nigga ». Ses chansons de rap et reggae, notamment Cishwaha, Carte Rouge et Turi ku Rugendo, attirèrent l’attention en raison de leurs paroles très critiques et inhabituelles dans le paysage musical rwandais.

À la fin de l’année 2013, il créa une chaîne YouTube intitulée Ukuri Mbona (« La vérité telle que je la vois»). Les propos qu’il y tenait ainsi que ses interventions sur d’autres plateformes seront plus tard utilisés contre lui par le parquet rwandais.

Dans ses prises de position, il critiquait notamment certaines normes sociales comme le mariage, la procréation ou la vie familiale.

UKURI MBONA” channel

Ses critiques contre le FPR-Inkotanyi

Dans ses émissions, Karasira affirmait souvent que le génocide et les violences de 1994 avaient profondément détruit sa vie. Il disait avoir perdu des proches des deux côtés : des membres de sa famille auraient été tués par les Interahamwe hutu, tandis que d’autres auraient été tués par les soldats du FPR/APR.

Il dénonçait également le fait que les Hutu ayant perdu des proches dans des violences de représailles ne puissent ni témoigner ni commémorer leurs morts, qualifiant cela « d’injustice organisée » par le pouvoir en place.

Licenciement, arrestation et procès

En août 2020, alors que ses vidéos devenaient très populaires au Rwanda, l’Université du Rwanda le licencia pour « mauvaise conduite professionnelle ».

Le 31 mai 2021, il fut convoqué par le Rwanda Investigation Bureau (RIB). Il ne rentra jamais chez lui après cette convocation.

Avant son arrestation, il avait déclaré que des médias proches du gouvernement menaient déjà une campagne contre lui afin de préparer l’opinion publique à son inculpation.

Peu après, le RIB annonça sur X qu’il était poursuivi pour « négation et minimisation du génocide contre les Tutsi de 1994 » ainsi que pour « divisionnisme ».

Durant ses premiers procès, Karasira affirma avoir subi de mauvais traitements en prison parce qu’il refusait de supprimer ses vidéos YouTube. Il a été arrêté quelques heures seulement après le lancement en ligne d’une pétition par ceux qui se font appeler « l’Initiative Umurinzi », exigeant que lui et la journaliste Agnès Uwimana soient poursuivis en justice.

Santé mentale et longues procédures judiciaires

Les procédures judiciaires autour de son dossier, de sa détention et de son état psychologique durèrent près de deux ans.

En 2022, la Haute Cour de Nyarugenge déclara ne pas être compétente pour juger son affaire.

Karasira déclara avoir été détenu dans des conditions très difficiles à la prison de Kigali, ce qui aurait aggravé ses troubles psychologiques et ses traumatismes.

Un rapport psychiatrique publié en 2023 confirma qu’il souffrait effectivement de troubles mentaux, tout en estimant qu’il restait capable de comprendre et de participer à son procès.

Pendant ce temps, des sommes importantes — plus de 100 millions de francs rwandais,de dollars et d’euros selon lui — avaient été saisies sur ses comptes bancaires et à son domicile.

Cette affaire a suscité la controverse lorsqu’il a demandé à accéder à ces fonds pour engager un avocat de son choix.

« Je demande pardon »

Lors du procès au fond, Karasira continua d’abord à rejeter toutes les accusations. Mais à la surprise générale, en juillet 2025, alors que son procès touchait à sa fin, il déclara :

« Je demande pardon. »

Il ajouta :

« Toute personne qui aurait été blessée par mes paroles, ainsi que l’ensemble de la société rwandaise, je demande pardon à quiconque aurait été offensé. »

Il précisa également :

« Je n’ai jamais eu l’intention de diviser les Rwandais ni de nier le génocide, dont je connais moi-même les conséquences. »

Peu après, il fut condamné à cinq ans de prison, une peine presque entièrement purgée, ce qui devait conduire à sa libération imminente.

Mort en prison: qui ou qu’est ce qui l’a tué?





Alors que plusieurs médias annonçaient sa libération imminente de la prison de Mageragere, aucune sortie n’eut finalement lieu ce jour-là. Quelques heures plus tard, il fut annoncé qu’il avait été transféré en urgence à l’hôpital après avoir prétendument absorbé une quantité excessive de médicaments liés à son traitement psychiatrique.

Le Rwanda Correctional Service (RCS) déclara qu’il était décédé après cette hospitalisation.

Cependant, de nombreuses interrogations furent soulevées autour des circonstances de sa mort. Certains proches et observateurs exprimèrent des doutes sur la thèse du suicide médicamenteux.

Ce que l’on sait, c’est que :

(1) Il a témoigné à plusieurs reprises devant le tribunal que les gardiens de prison l’avaient menacé de mort !

(2) Il a témoigné à plusieurs reprises devant le tribunal avoir été maltraité et torturé ! À ce moment-là, le juge lui a assuré qu’il enquêterait et que cela cesserait !

(3) On sait également qu’il était censé rentrer chez lui le lendemain après avoir purgé sa peine !

(4) Beaucoup pensent qu’il a été détenu illégalement car, normalement, dans un pays qui respecte véritablement la loi, une personne souffrant de troubles mentaux est hospitalisée et reste  au Centre psychiatrique; sa place n’est pas en prison !

(5)L’intoxication médicamenteuse est discutable : plusieurs spécialistes médicaux estimaient qu’une prise des comprimés en surdosage ne tuent pas instantanément comme les injections. Ils affirment que si une personne prend une surdose de médicaments en public, et que l’on en connaît la nature, il ne faut que quelques minutes pour en neutraliser les effets. Il suffit d’agir sur la gorge ou les voies respiratoires et de provoquer immédiatement des vomissements, ou de les faire vomir d’une autre manière. Aucun infirmier ni médecin ne l’ignore. C’est une méthode de premiers secours. Par conséquent, ces histoires des cachets qu’il a avalé et qui ont causé sa mort est difficilement compréhensible d’un point de vue médical.





Aimable Karasira yatangiye kumenyekana cyane mu Rwanda mu ntangiriro z'imyaka ya 2010 nk'umuhanzi wa Rap na Reggae

Son livre : Ndeka Undorere

Dans son ouvrage intitulé Ndeka Undorere ( ce qui pourrait se traduire par « Laisse-moi tranquille »), Karasira racontait son parcours personnel depuis 1994 jusqu’à aujourd’hui.

Il y décrivait son expérience comme survivant du génocide contre les Tutsi mais aussi, selon ses termes, comme victime des actes du FPR-Inkotanyi. Il y retraçait son enfance, les pertes subies dans sa famille, ses traumatismes et sa vision de l’histoire récente du Rwanda.

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Voici le résumé de son livre, tel qu’il figure en quatrième de couverture :

Dans cet ouvrage, Karasira Uzaramba Aimable, survivant du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda et des exactions du FPR-Inkotanyi, partage son histoire de vie jusqu’à aujourd’hui. N’étant pas une île ni né seul, même s’il est aujourd’hui solitaire,bien qu’il vive dans le monde, il nous livre une part de l’héritage rwandais tel qu’il l’a perçu à travers différentes expériences.

Il revient sur son enfance, mais la majeure partie de son récit s’étend de 1994 à 2020. Dès l’été 1994, Karasira nous raconte le chemin de croix qu’il a parcouru.

Au sein de sa famille, composée de ses parents et de ses quatre frères et sœurs, il a survécu avec son jeune frère. La disparition de sa famille élargie a été un tournant dans sa vie. Presque toute la famille de son père est morte lors du génocide contre les Tutsis, mais sa véritable famille directe (dont son père et sa mère biologique) a été tuée dans le district de Bugesera, dans un endroit appelé Ririma, qui était contrôlé par le FPR Inkotanyi.

Voici un message vidéo laissé par Karasira Aimable Uzaramba, qui devrait être diffusé s’il est tué, s’il décède ou s’il ne se trouve plus au Rwanda.





Nous présentons nos condoléances à sa famille (ou plutôt à ceux qui restent de sa famille), à ses amis ainsi qu’à tous ceux qui l’aimaient. Nous les soutenons dans cette épreuve et partageons leur douleur.

Ce monde,

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