The Nairobi process: Et tout cela se termine par le retour du M23 là où il était censé être en 2022

Par HAKIZIMANA Maurice

Le Processus de Nairobi est une initiative dirigée par les parties prenantes et soutenue par la Représentante Spéciale du Secrétaire Général pour les Enfants dans les Conflits Armés (SRSG CAAC) afin d’améliorer la réintégration des enfants anciennement associés avec des forces et groupes armés (CAAFAG) dans une vie paisible.

Il a été mis en place en 2021 afin de faciliter la consultation entre les CAAFAG et leur fournir une nouvelle plateforme de discussion où ils puissent présenter leurs idées et recommandations aux décideurs de l’ONU, de l’Union Africaine, aux donneurs, aux ONG et autres personnes influentes dans les projets de réintégration. Le bureau de la SRSG CAAC (OSRSG CAAC) est le partenaire phare dans le Processus de Nairobi qui est dirigé par des parties prenantes de la réintégration des enfants provenant de plus de 10 pays en Afrique, Amérique et Asie.

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En mars 2022, après l’entrée de la RDC dans l’EAC, le gouvernement congolais avait demandé à tous les groupes armés — plus de 200 à l’époque — de déposer les armes et de venir exposer leurs problèmes à Nairobi, dans ce qu’on appelait le Peace Process / processus de paix de Nairobi, sous l’égide de l’EAC.

Ce processus avait été lancé par le président Uhuru Kenyatta afin d’apporter la stabilité à toute l’EAC, de l’océan Indien jusqu’à l’océan Atlantique !

C’était un beau rêve !

L’EAC allait vraiment prendre son envol ! Progresser !

President Museveni (à droite) et son homologue Felix Tshisekedi

Mais le M23 et le pays qui le soutenait ont plutôt intensifié les combats, car ils ne voulaient pas s’asseoir à la même table que tous les autres groupes armés.

Ils traînaient les pieds, affirmant qu’ils voulaient régler leurs propres problèmes seuls avec le gouvernement congolais parce qu’ils n’étaient pas comme les autres!

Uhuru Kenyatta a fait tout ce qu’il pouvait, mais après son départ du pouvoir, son successeur, William Ruto, a remis tout le processus en question !

Finalement, des négociations ont été organisées uniquement entre le M23 et le gouvernement !

Elles ont été baptisées processus de Luanda, dirigé par l’Angola.

En août 2025, les deux processus (Nairobi et Luanda)ont été réunis, fusionnés et placés sous la direction de l’Union africaine.

Lorsque les discussions de Luanda étaient arrivées à une étape décisive, celle de la signature de l’accord, les responsables de l’UA et du processus de Luanda ont été pris de court : le Rwanda et le M23 ont refusé de signer! Enfin, ils n’ont pas vraiment refusé… ils ne sont tout simplement pas venus !

Les autres se sont retrouvés là, avec les stylos et les documents, mais personne ne s’est présenté pour signer !

!

RDC-Rwanda : Le sommet de paix à Luanda annulé, Kagamé absent

Ensuite a commencé une campagne visant à dire que le président Uhuru Kenyatta et João Lourenço étaient favorables à Tshisekedi et au Congo, qu’ils ne cherchaient qu’à se faire photographier et à obtenir des honneurs… et bien d’autres accusations encore !

C’est ainsi qu’est venu Doha, puis Washington, mais rien n’a abouti !

L’EAC a même envoyé des troupes en promettant au Congo qu’elles descendraient sur Bunagana, la libéreraient, poursuivraient jusqu’à Goma et mettraient fin au problème !

Les soldats du Kenya de Ruto, ceux de l’Ouganda de Museveni et ceux du Burundi de Ndayishimiye(à l’exception de ceux du Rwanda, qui n’étaient pas souhaités) sont allés sur le terrain en faisant croire au Congo qu’ils allaient l’aider !

La Tanzanie, elle, ne s’est pas engagée, car elle se méfiait de cette affaire et venait de perdre certains de ses soldats déployés au sein de la MONUSCO !

Voyant qu’elles étaient de connivence avec le Rwanda et le M23, le Congo a chassé ces troupes, à l’exception des forces burundaises, qui sont restées conformément aux nouveaux accords de défense mutuelle conclus avec le Congo.

La guerre a continué et s’est intensifiée.

Puis les soldats de la MONUSCO ont baissé les bras, ceux de l’Afrique du Sud aussi, les mercenaires ont également jeté l’éponge, et Goma ainsi que Bukavu sont tombées aux mains du M23.

Mais plus la guerre durait, plus le camp gouvernemental faisait le ménage au sein des FARDC, se regroupait, formait de nouvelles troupes, achetait du matériel et ecartait les traîtres.

Le Congo se prépare à une guerre qu’il appelle le « match retour » ! Chaque fois que j’entends cette expression, elle me fait rire !

Six années de guerre ont dépensé énormément de moyens,de sang,des vies et pourtant le M23 n’a toujours pas réussi à conquérir 100 % des deux provinces du Kivu.

Aujourd’hui donc, le M23 semble comprendre qu’il n’est plus possible de poursuivre sa progression vers Kinshasa, car il n’a même pas encore pris tout le Masisi et Uvira, et il pourrait même finir par perdre une grande partie des territoires qu’il a conquis !

La guerre du “match retour” fait rage !

Et voilà que les M23 reviennent là où tout avait commencé :

Une guerre pour rien ! Une guerre sans raison solide !

Maintenant, en octobre 2026, l’AFC/M23 chercherait-elle finalement à s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement de Kinshasa, dans ce fameux processus de Nairobi d’Uhuru Kenyatta ?

À l’heure où nous parlons, Uhuru Kenyatta et Sahle-Work Zewde, tous deux anciens chefs d’État du Kenya et de l’Éthiopie, auraient accepté de se rendre à Goma, à l’invitation de l’AFC/M23, à la suite d’une demande de ce dernier qui souhaiterait apparemment revenir là où il était censé se trouver en 2022, afin de discuter avec le gouvernement plutôt que d’attendre la terrible guerre qui se profile à l’horizon !

Imaginez : cinq ou six années de sang versé, et maintenant il est fort possible que tous ces groupes se retrouvent à nouveau autour de la table dans un nouveau processus de Nairobi !

Tout ça pour en arriver là ?!!

Qui a profité de cette guerre sans raison ?

Et surtout, qui a tiré profit de tout le sang versé pendant ces cinq ou six années ?

Quel monde, Seigneur !

Fin.

Ce monde

Mwalimu Hakizimana Maurice est un enseignant, un interprète-traducteur et un écrivain qui exerce son activité à Paris, en France.

Le professeur Hakizimana Maurice est l’auteur du livre « UTABA AMATEKA NTABONA ITAKA » (NUL NE PEUT ENSEVELIR L’HISTOIRE) _Aux Éditions Scribes.

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One thought on “The Nairobi process: Et tout cela se termine par le retour du M23 là où il était censé être en 2022”

  1. Ce type de situation survient lorsque les infrastructures locales ne correspondent pas aux normes internationales. Mon expérience montre que cela change la donne pour l’efficacité des projets.

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